Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin. (Carl Gustav Jung)
La sensation du vide, symbole métaphorique du vide intérieur de Scottie, celui-là même qui va générer l’acrophobie :

Si nous relions ce symbole métaphorique du vide au générique du début, nous pourrions associer le regard de femme à la sensation de Vertige. N’est-ce pas cela qu’Hitchcock suggère ?


Femme, vertige, vide…
Quelle est donc la situation sentimentale de Scottie ? Ce n’est pas sa relation avec Midge qui ressort plutôt de l’amitié. Ils ont rompu il y a longtemps :
Même un stimulus suggestif ne parviendra pas à les faire changer d’avis. Sexuellement, ils restent de marbre :
Scottie n’a pas trouvé son idéal féminin. Il reste disponible et sans envie :

Dès que Scottie aperçoit Madeleine au restaurant, on le sent troublé :

La filature de Scottie sera l’occasion pour lui de tomber complètement amoureux de Madeleine. Hitchcock va mettre 25 minutes entre la rencontre du restaurant et la première rencontre réelle avec Madeleine, comme pour installer lentement, tout en suggestion dans la cristallisation du coup de foudre amoureux :

Lentement mais sûrement, Scottie est en train d’idéaliser Madeleine. Le réel se mélange à l’irréel :
Le vide intérieur de Scottie est train de générer une passion amoureuse, une névrose selon Jung :
L'amour passion était qualifié comme névrotique de la part de Jung en raison de sa définition de la névrose. La névrose est pour lui un déséquilibre entre l'intellect et les sentiments. En ce sens, quand une des deux composantes de la psyché prend la suprématie sur l'autre de manière durable et entre en conflit avec l'autre partie, il y a névrose, dissociation de la psyché. L'amour passion serait donc un amour névrotique dû à un excès de passion « sensible » et l'amour fusion un amour névrotique dû à un excès d'intellect.
On rêve souvent de la passion, de peur de s'ennuyer peut-être, comme d'un rêve archétypal, comme pour rejoindre le mythe.
Confirmation d’Hitchcock dans son entretien avec Truffaut : « Il y a la volonté qui anime cet homme de créer une image sexuelle impossible ; pour dire les choses simplement, cet homme veut coucher avec une morte, c'est de la nécrophilie. »
Et c’est bien une morte en devenir, une suicidée dont Scottie est follement amoureux :

Il ne la connaît absolument pas. Juste tous les fantasmes qu’il s’est créé petit à petit jusqu’ici et qui l'ont rendu fou d'elle. L'illusion de l'amour :
Pour conclure en concets jungiens, l’anima de Scottie est devenue une ombre, elle-même symbolisée par le Vertige. « Vertigo » ou l’anima-ombre parce que Scottie a nié son vide intérieur. Nous en revenons à lucidité Hitchcockienne du début de l’analyse et la métaphore du vide symbolisée par le Vertige :

La réalité, il ne peut plus la voir en peinture, d’autant plus quand cette réalité mais le doigt sur son ombre :

L’inconscient lui, ne cesse de travailler, n’acceptant jamais de se résoudre à la mort. Il va relancer Scottie sur la voie de la lucidité. Et cette fois-ci, Scottie est conscient de son rêve :


Ce merveilleux inconscient qui recherche en permanence la vérité intérieure. Scottie est maintenant conscient de sa propre chute, de son ombre :
La suite bien sûr, l'inconscient ayant joué son rôle, va transformer le faux en vrai :

Jusqu’à la guérison :