Après analyse d’Inception, retour sur Batman begins où Nolan utilisait déjà les mêmes sources d’inspiration pour construire sa narration. Ce qu’il y a d’intéressant dans ce Batman, c’est que Nolan ne masque rien sur son approche. Batman, il le voit avant tout comme un symbole :
Et c’est ce symbole que Nolan va analyser en explorant le psychisme du héros. Comme dans Inception, il va mélanger les concepts freudiens et jungiens. Freud et le trauma de l’enfance, il le cherche par l’intermédiaire d’un rêve :
Ou plutôt d’un cauchemar :
Celui où il fut confronté aux chauves-souris :
Jusque là, rien de très original. Qu’est-ce que Nolan veut apporter de neuf au mythe Batman ? Une exploration jungienne :
Deux auteurs ont fortement marqué Jung pour l’aider à trouver son processus d’individuation. D’abord Goethe et Faust pour sa descente aux enfers. Le jeune Bruce, juste avant la mort de ses parents, se sent mal à l’aise devant le spectacle de Faust. Faust, une fameuse ombre inconsciente chez Bruce. Ses craintes et sa destinée, inscrites au sein de cette œuvre :
Le processus d’individuation et une autre rencontre avec l’ombre :
Jung définit l'Ombre de la manière suivante :
«
L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » « Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. »
Dans ce voyage d'un homme pour devenir le plus entièrement lui-même, il existe des étapes. Nous avons vu plus haut l’importance de Goethe chez Jung. Un deuxième auteur, Friedrich Nietzsche, sera lui aussi d’une importance capitale pour Jung. Le concept du surhomme, que Jung va finir par rejeter totalement. Idem pour Wayne dans sa rencontre avec Ducard (Liam Neeson) :
«
L'expérience archétypique est une expérience intense et bouleversante. Il nous est facile de parler aussi tranquillement des archétypes, mais se trouver réellement confronté à eux est une tout autre affaire. La différence est la même qu'entre le fait de parler d'un lion et celui de devoir l'affronter. Affronter un lion constitue une expérience intense et effrayante, qui peut marquer durablement la personnalité.»
Pour Bruce, il ne s’agit pas de lion mais de chauves-souris. Pour affronter cette ombre, il faut descendre en profondeur, ce que va faire Bruce en descendant dans les grottes :
La grotte ou le refoulement dans les profondeurs de l’inconscient :
La rencontre avec l’ombre :
Après la rencontre avec l’ombre pour Jung :
«
Lorsque le processus d'individuation devient conscient, lorsque le moi fait l'expérience de l'inconscient collectif, il se transforme. " Cela se produit le plus souvent lors de la rencontre avec l'ombre, ou dans la différentiation de l'anima et de l'animus d'avec leur projection; et toujours sous la forme d'un conflit où le moi se transforme " Et Wayne devient Batman :
Après la rencontre avec l’ombre, celle de l’anima, essentielle dans le développement du psychisme masculin, altérité qui rajoute au processus d’individuation. Elle va aider à chercher et trouver l’authenticité :

Conclusion : Comme pour « Inception », processus d’individuation jungienne. Après ce processus, Bruce Wayne, nettoyé en profondeur, est réellement devenu quelque chose d’avantageux pour le monde.